Depuis la rentrée, le lycée Gabriel Fauré a instauré une mesure sans précédent : les élèves doivent déposer leur téléphone portable dans des casiers prévus à cet effet, installés dans chaque salle de classe. Cette décision, issue d’un large sondage, vise à lutter contre la triche, améliorer la concentration et questionner la dépendance numérique des élèves. Mais cette mesure ne fait pas l’unanimité chez les lycéens, qui estiment que cela traduit un sentiment de défiance de la part de leurs professeurs.
Le proviseur du lycée, Nicolas Solana, explique que cette décision a été prise suite à plusieurs mois de réflexion, notamment en lien avec un manque de concentration pendant les cours et les fraudes et tentatives de triche durant les évaluations. Le contrôle continu, qui compte pour 40 % de la note du bac, est également un facteur clé dans cette décision. Les montres connectées sont également au cœur du sujet, et le directeur du lycée reconnaît que cela reste une difficulté qui va probablement aller en s’accroissant.
Un large soutien des parents
Avant la mise en place de cette mesure, un sondage a été réalisé en avril 2025 pour recueillir l’avis des élèves, des parents d’élèves et de l’ensemble du personnel éducatif. Les résultats se sont révélés majoritairement favorables à l’installation des casiers, en particulier du côté des parents, qui sont 81 % à s’être prononcés en faveur de la mesure, contre 19 % d’opposants.
Chez les élèves, la consultation a recueilli 435 réponses sur un total de 859 inscrits. Si 61 % estiment que le téléphone n’affecte pas leur capacité de concentration en classe, les chiffres deviennent plus préoccupants lorsqu’il est question de dépendance. 50 % des élèves se déclarent au minimum un peu dépendants de leur téléphone, tandis que 13 % se disent très dépendants. Le proviseur souligne que cela constitue un véritable sujet en termes de santé publique.
Impact sur le sommeil
Le sondage révèle également l’impact du téléphone sur la qualité du sommeil. Près de 39 % des élèves affirment être au moins un peu affectés dans leur qualité de sommeil par l’usage du téléphone, et 14 % vont jusqu’à se dire « beaucoup » affectés par cela. Le proviseur insiste sur le fait que l’objectif de la mesure n’est pas l’interdiction pour l’interdiction, mais plutôt de libérer l’individu de la dépendance à l’outil.

Un premier bilan jugé positif
Cinq mois après la mise en place du dispositif, le premier bilan dressé par la direction est encourageant. L’installation des casiers a permis une amélioration de la concentration en classe, et tous s’accordent à dire que cela a permis une amélioration de la concentration en classe. Cependant, les avis des élèves restent partagés et parfois tranchés. Certains estiment que cela infantilise, tandis que d’autres considèrent que cela traduit un sentiment de défiance de la part de leurs professeurs.
Les élèves estiment que les profs n’ont pas confiance en eux, et que cela se traduit par une mesure qui les contraint à déposer leur téléphone dans des casiers. Certains élèves considèrent que cela ne sert à rien, car les professeurs peuvent toujours voir si ils trichent, même si leur téléphone est dans leur poche. D’autres estiment que cela ne résout pas le problème de la dépendance numérique, et que cela devrait être abordé de manière plus globale.
En conclusion, la mesure prise par le lycée Gabriel Fauré vise à lutter contre la triche et à améliorer la concentration en classe, mais elle ne fait pas l’unanimité chez les élèves. Il est important de trouver un équilibre entre la nécessité de contrôler l’usage du téléphone et la confiance accordée aux élèves. Il est également essentiel de prendre en compte les besoins et les préoccupations des élèves, et de trouver des solutions qui répondent à leurs attentes et à leurs besoins.
- 81 % des parents sont favorables à la mesure
- 50 % des élèves se déclarent au minimum un peu dépendants de leur téléphone
- 39 % des élèves affirment être au moins un peu affectés dans leur qualité de sommeil par l’usage du téléphone
- Les élèves estiment que les profs n’ont pas confiance en eux